Quel est ce démon qui me ronge,
Ce chérubin à la joue creuse,
Dont la lèvre sèche et affreuse
Presse mon coeur comme une éponge
Et le vide du moindre songe ?
"Paix, mon sigisbée, mon poète
Aux amours fades et désuètes !
Je suis ta muse : le mensonge,
La fausse ivresse, l'abandon;
Et qui penchée sur ton berceau
Voua ton coeur à rester sot.
Je veux défaire avec ce don
La trame de ton existence;
Et ne te laissant, myrmidon,
Que le désastre et son chardon,
Précipiter sa défaillance.
Lorsqu'enfin battue, sans pardon,
Ton âme quittera ce monde,
Je rognerai, carcasse immonde,
Jusqu'au dernier de tes tendons !"
Messire Loup






