
J'aime cette brasserie; j'y accoste parfois pour échanger quelques rires avec des amis.
Un quidam arrive, flanqué de ses copains. Il m'écoute entre deux grognements vers ses potes; ses regards s'immiscent dans notre petit groupe.
"T'es pas un peu pédé, toi?"
Ma réponse fuse comme un orgasme qu'on ne peut plus retenir: "Pourquoi, t'es en manque de bite? J'te préviens: tu fournis les capotes et le p'tit déj!"
Ses potes recrachent leur bière par les naseaux. Lui grimace un sourire maladroit.
Qu'on me traite de pédé autant qu'on veut: ce n'est que pure vérité. Je ne souffrirais pas, cependant, qu'on me cru un lâche.