Il y a 40 ans les noirs américains n'avaient ni le droit de vote ni celui d'épouser une personne de race blanche (dans les plupart des états).
Aujourd'hui, un métis né durant ces années où le racisme était la règle est élu 44ème président des États Unis d'Amérique et premier homme de couleur à la tête de cette vaste nation.
Ayant vécu aux USA pendant 15 ans, la plupart du temps en Californie, le reste en Virginie Occidentale et New York, je vois dans cette élection deux signes d'une importance majeure.
C'est la souffrance d'un peuple en crise et d'une nation en décrépitude qui aura enfin mis à genoux certains préjugés et rendu sa voix à un idéal oublié: celui du respect de la différence et du mérite.
C'est aussi une des plus lourde tâches revenant jamais à un seul homme: remettre sur ses pieds afin qu'elle se tienne à nouveau "fière et droite" (proud and tall selon l'expression locale) une nation paradoxale qui fut à la fois pour des millions d'amérindiens et d'esclaves symbole de douleur, d'exploitation et de mort et des millions de persécutés emblème de liberté, d'espoir et du simple droit à l'existence.
Les années Bush, sans aucun doute le pire président que ce pays ait jamais connu, se terminent. Espérons que les années Obama rallumeront la flamme de cette belle statue, cadeau de la France au peuple du "Nouveau Monde", flottant sur son rivage, à ses pieds le poème d'Emma Lazarus:
Give me your tired, your poor,
Your huddled masses yearning to breathe free,
The wretched refuse of your teeming shore.
Send these, the homeless, tempest-tossed, to me:
I lift my lamp beside the golden door.
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Donnez-moi vos pauvres, vos exténués
Qui en rangs serrés aspirent à vivre libres,
Le rebut de vos rivages surpeuplés,
Envoyez-les moi, les déshérités, que la tempête m'apporte
De ma lumière, j'éclaire la porte d'or.
The New Colossus (Le Nouveau Colosse) - 1883









