Ce soir, après quelques jours d'absence, je reviens avec ces quelques photos qui me touchent beaucoup, et que je voudrais partager avec vous... La visite, c'est par ici


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HOIST RIDE"
Lewis W. Hine circa 1932
Très certainement un travailleur sur le chantier de construction de L'Empire State Building (New York, NY), regardez le bien! Un soupçon de moustache, la joue lisse, la pommette haute et le cheveux abondant, il n'a pas ou peu plus de vingt ans. Il est peut-être un immigré, fier de bâtir son pays d'accueil. Regardez encore! Où finit le métal: où commence la chair de l'homme? Les deux se fondent, luisants, massifs, puissants. Ainsi se construisent souvent les sociétés les plus resplendissantes: par la chair de ses immigrés. Coup du sort: ce pays qui l'accueillait jadis à bras ouverts est affligé, de nos jours, d'une persistante amnésie.

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SPAGHETTI SUPENDUS COMME LE LINGE"
Alfred Eisenstaedt circa 1935
Ils sont jeunes, ils sont beaux, ils portent sur leurs épaules le savoir ancestrale et les traditions de leur aînés. La pureté des lignes verticales, la solidité des horizontales, la simplicité des textures, l'attention des regards et des gestes bénissent cette fresque d'une candeur, d'une innocence presque insupportable pour notre époque malade de subversion, de délation et de coups tordus. Mais attention, les nuages s'amoncellent déjà sur l'horizon et brouillent la vue. Le fléau fasciste s'annonce; la "modernité" suivra, autre cavalier d'une apocalypse du coeur.

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ALABAMA SHARECROPPER"
Walker Evans circa 1936
Un métayer; un simple métayer dont la noblesse surpasse celle du sans le plus bleu. Les yeux pleins de lumière, le regard plein de douleur, la peau battue par le mauvais sort et le labeur. Nous sommes quelques années après le crash de 29. Des milliers d'individus perdent leur biens et traversent le pays comme des bouts de chiffons aux vents acres et sableux. Où est sa famille? Depuis combien de temps ne l'a-t-il pas vue? En a-t-il une au moins?
Oh, je voudrais l'emmener dans un lit aussi profond que son ce regard, le couvrir de baisers aussi forts que le sort qui l'afflige!

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MARILYN MONROE IN GREEN"
Baron circa 1954
C'est à mon goût la plus belle photo que l'on ait prise de la star. Elle avait à peine 28 ans. Diaphane dans une chemise verte qui monte le long de son corps et s'ouvre en un décolleté caché, Marilyn ressemble à un lys, un arum, un fleur précieuse et que l'on sait éphémère.
L'arrière-plan est flou, maculé, en vert avec quelques taches de rouge comme la star elle-même. Moment prophétique d'une vie qui partira à la dérive et se perdra dans un brouillard qui ne s'est pas encore levé.
Légèrement penchée en avant, les yeux fermés et la main sur la poitrine, Marilyn semble vaciller, touchée au coeur par la douleur qui nous l'enlèvera.
Crédit photos:
LUMAS